Il semblerait que de plus en plus de gens l'oublient, mais tout ce qui se passe à l'intérieur de votre ordinateur devrait s'y passer parce que vous l'avez décidé, voulu, explicitement demandé.
Et l'exemple le plus frappant, c'est celui qu'offre les éditeurs de sites web qui partent du principe qu'ils maitrisent, depuis leurs serveurs, ce qu'ils désignent sous le nom d'expérience utilisateur.

Ce qui m'a rappelé cette évidence, c'est un article du Framablog [1] qui relate la fronde qui s'est levée sur internet suite à la nomination de Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, comme Personnalité de l’année 2010 par l'hebdomadaire américain Time Magazine.

La réaction proposée est assez classique : une campagne d'affichage basée sur un petit panneau à placer sur les sites qui veulent soutenir la désapprobation. Le message est simple et clair : "Où est le bouton : J'aime pas ?" ("Where's the "dislike" button?") et il est illustré par un visuel dont je connais et salue le traducteur.

Mais je reviens à ce qui fait le sujet de ce billet et le lien avec la colère de la FSF sur le pistage lié au fameux pouce Facebook "Like"; un pistage si dérangeant que des moyens commencent à apparaitre pour s'en débarrasser.

Comme je le dis au début de cet article, ce phénomène est juste la conséquence d'un manque de discernement de votre navigateur, bassement exploitée par tout un tas de sites (Facebook n'est pas le seul a rêver de vous pister partout, c'est juste le plus gros et donc le plus efficace). Un peu comme une espèce de naïveté dont vous n'auriez pas pris soin de le débarrasser avant de le confronter au web.

Passons à l'explication.

Lorsqu'un serveur vous transmet une page pour que votre navigateur vous l'affiche, il ne fait que vous transmettre les adresses de tout un tas de fragments, images, scripts et autres, provenant de ce même serveur ou d'autres sites. Et c'est votre navigateur qui est censé aller récolter docilement tous ces morceaux et les assembler pour construire la page que vous lisez.

Mais de nombreux moyens existent pour doter votre navigateur d'un peu plus de méfiance; à commencer par Greasemonkey, NoScript ou AdBlock Plus[2].

Ces extensions peuvent être configurées pour analyser la proposition du serveur (la page que vous souhaitez afficher) et en retirer certains fragments si ceux ci correspondent à certains critères.

Dans le cas d'Adblock Plus, des listes entières de critères pré-renseignés existent et peuvent être utilisées; elles se mettent même à jour automatiquement pour s'adapter aux nouvelles nuisances et suivre les évolutions du web. Et comme on peut ajouter ses propres critères d'élimination, il est facile d'exploiter les capacités de cette extension pour faire disparaitre les pouces Facebook de la toile, du moins de celle que vous parcourez.

Ceux ci étant affiché par le code suivant :

<iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php? ...

il suffit d'ajouter à AdBlock Plus le filtre :

||facebook.com/plugins/*

Et ce moyen est valable pour tous les fragments de web qui vous semblent inutiles, ou tous les sites dont vous ne voulez plus entendre parler.

Cerise sur le gâteau, qu'apprécieront tout particulièrement ceux qui naviguent avec une forfait data sur clé 3G, tous ces fragments qui ne sont pas téléchargés, toutes ces publicités, souvent en technologie flash, c'est autant de Kilo-octets d'économisés et une rapidité d'affichage améliorée.

Notes

[1] Cet article est la traduction française d'un article de la FSF.

[2] Je ne parle là que d'extensions pour Firefox, mais certaines existent ou ont des équivalents pour d'autres navigateurs.